Témoignage des enfants

   

http://www.youtube.com/watch?v=FtUb5bsEf3E

Le témoignage des enfants devrait reprendre sa juste dimension dans la détermination de la résidence des enfants surtout si ceux-ci sont capables de discernement et ne sont pas sous l’influence du parent en faveur duquel ils témoignent, ou autrement dit d’autant plus qu’ils sont soumis à l’influence du parent contre lequel ils témoignent

6 septembre 2010

Maintenant, avec notre discussion du 31 août 2010, le juge aurait-il regardé d’un autre œil le témoignage de ma fille qui disait de son père « parfois il est colérique, surtout à l’égard de mon petit frère » ?

Je me le demande. Je me demande aussi si je n’aurais pas mieux fait de parler de ces préoccupations-là dès le départ. Je me dis que j’aurais sans doute mieux fait d’expliquer en détail pourquoi j’insistais pour que le papa n’ait pas la garde des enfants durant les périodes scolaires et pourquoi j’étais si inquiète à l’idée de ne pas pouvoir les contacter régulièrement durant l’été qu’ils passaient chez lui. Cela dit, je n’avais pas ces fameuses preuves dont a besoin la justice. Le faisceau d’indices ne semblait pas suffire en effet, ma fille qui parlait très clairement de crises de colère si l’on y regarde bien et mon fils parlant de négligence caractéristique des personnes qui peuvent virer à l’abusif (maison sale et poussiéreuse avec cafards présents, peu de temps accordé aux enfants pendant les périodes de vacances, etc.).

Il faut dire que malgré ce que me disait mon avocate et venant d’un monde oriental où c’est clairement la maman qui s’occupe des enfants – ce que je n’ai eu de cesse de faire durant toute leur vie – je ne m’attendais pas à cette possibilité qui me semblait trop absurde pour y croire vraiment.

Comment, en effet, un avocat associé avec des activités annexes allait-il pouvoir s’occuper de trois enfants dont un à tendance hyperactive ? Il faut dire aussi que j’espérais pouvoir ne pas en arriver là. J’avais commencé cette procédure légale soucieuse de ne pas trop ébruiter les éléments de ce drame familial, y compris vis-à-vis de ma propre avocate en espérant que c’est le bon sens qui finirait par l’emporter. Au lieu de cela, je me suis retrouvée confrontée à mes pires cauchemars. Mon ex-mari allait les avoir et en plus pendant la partie qui convenait le moins bien – soit celle de la période scolaire.

Devant les exhortations à la prudence de mon avocate, j’avais malgré tout demandé à mon beau-père de témoigner car il savait très bien que mon ex-mari n’y arrivait pas du tout avec les trois enfants et ce même pendant les petites périodes où son propre père l’aidait ainsi qu’une amie qui y allait de temps en temps mais il avait refusé.

Je comprends de par mon amour de mère son amour paternel et son argument que son fils lui en voudrait. Cela dit, je pensais que comme mes enfants étaient aussi ses petits-enfants, il serait sensible à leur douleur et chercherait à les protéger car après tout c’était eux la partie innocente dans toute cette affaire. En ne disant rien, en effet, il prenait le risque de les exposer à un séjour chez le père où au mieux c’était la négligence qu’il avait déjà constatée et au pire c’était la maltraitance qu’il ne semblait pas considérer comme une éventualité.

Quel dommage ! Après, les coïncidences et malchances se sont multipliées faisant que toute cette histoire a été un tel gâchis. Ce alors que j’avais tout fait pour que la transition d’une vie de famille à une vie entre parents divorcés se fasse en douceur, au prix de devoir mettre de côté mes propres sentiments et accueillir mon ex-mari chez moi quand il voulait venir à Dubaï et en m’arrangeant pour que le rendez-vous hebdomadaire soit toujours respecté et se passe bien.  

Ne trouvant pas justice auprès de la justice, j’ai ressenti le besoin de la chercher auprès de mes pairs en exposant toute cette histoire au grand jour afin de pouvoir dénoncer l’injustice et ôter le mythe de ce père parfait qui a écopé d’une horrible sorcière pour épouse d’une part et exhorter d’autre part à une réelle prise de conscience publique sur les dérapages possibles d’une justice peu équipée en procédures, législation et discernement quant à l’intervention dans une famille telle la nôtre avec toutes ses particularités

La vérité au-delà de ce dilemme familial sur le fait de dévoiler ou non, témoigner ou non, c’est qu’il n’y a pas assez de conscience en France comme dans beaucoup d’autres pays du monde sur la réalité de la maltraitance infantile. Pour ma part, je trouve que les magistrats qui décident de la résidence des enfants devraient recevoir une formation continue en matière de violence domestique et de maltraitance infantile afin d’éviter des jugements qui vont à l’encontre du bien-être des enfants qu’ils sont censés protéger.

En effet, bien qu’il soit primordial de bien connaître et de bien appliquer la loi dans les cas de désaccords familiaux et de détermination de la résidence des enfants, il est également très important de pouvoir reconnaître les signes avant-coureurs de la présence d’une maltraitance, surtout infantile.

La nécessité réside dans le fait que les victimes de maltraitance, ont beaucoup de pudeur et il règne chez eux une certaine culpabilité ainsi que confusion, quant à l’identification et l’assimilation de cette maltraitance dans leur quotidien.

L’autre élément un peu plus pernicieux tend au fait que quand la maltraitance n’est ni continue ni trop intense, il n’en subsiste qu’un sentiment de mal-être général qui n’est facile ni à exprimer ni à prouver. En effet, combien de couples se battant pour la garde de leurs enfants peuvent utiliser l’un et l’autre cet argument ! En l’absence de preuves matérielles, il est difficile de savoir qui croire.

C’est pour cette raison que beaucoup de parents vivant réellement cette impossibilité d’expression et voulant sauvegarder un semblant de dignité dans ce qui devient de  plus en plus une bataille mesquine, préfèrent utiliser d’autres moyens pour essayer d’obtenir la garde exclusive ou prédominante de leur enfant.

Pour pallier cette difficulté de communication et cette possibilité d’erreur, il est très important que les magistrats puissent aussi de leur côté identifier l’existence d’une maltraitance si imperceptible (quand vous ne la vivez pas), qu’elle en serait quasiment inexistante. Cet exercice est encore plus vital, si l’on s’apprête à rompre un difficile équilibre établi dans la famille concernée, où la maltraitance est endiguée, maîtrisée par l’autre parent pour l’empêcher d’envahir le quotidien. En effet, il suffirait de rompre ce fragile équilibre pour que la vie de l’enfant abusé bascule pour se placer indéfiniment dans le monde de la maltraitance de plus en plus soutenue.

Si l’on admet que déjà la négligence a des conséquences graves sur la santé physique et morale de l’enfant, il va de soi que négligence couplée à de la maltraitance finit d’achever le peu d’espoir qu’aurait eu l’enfant à une vie normale. De ce fait, aussi bien le côté relationnel (entre l’enfant abusé et sa famille ou l’enfant abusé et ses amis) que l’éducation s’en ressentent grandement. Par ailleurs, un enfant abusé présente plus de probabilités de se transformer à son tour en un parent abusif.

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s