Tranche de vie avec l’aîné

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25 août 2010

Depuis le jugement que l’on m’a communiqué le 12 août – jour de mon anniversaire, j’enregistre toutes les conversations avec mes enfants. Je veux d’une part pouvoir toujours établir la vérité (puisque mon ex-mari essaie de m’affubler de la réputation de la méchante sorcière) mais surtout d’autre part, je voudrais conserver un souvenir, quelque chose pour meubler ces tristes instants où je suis privée de leur vue et de leur voix.

Cette tranche de vie-là, comme vous l’entendrez, elle a trait à une discussion entre mon fils de 13 ans et moi où je lui demande encore, pour vérifier, s’il veut revenir chez moi ou s’il a changé d’avis. Je l’informe de mon blog, essaie de lui expliquer les détails de ce qui est arrivé avec le jugement, de lui expliquer les différentes parties de la procédure, son déroulement, comment on aurait dû examiner les faits, quels étaient les critères.

Il est très intelligent et a été tellement frustré et choqué du jugement qu’il avait pleuré et était resté silencieux pendant très longtemps car il n’arrivait pas à comprendre ce qui s’était mal passé. Pour son cerveau intelligent mais si innocent encore, tout était évident, précis et chronométré comme une montre suisse. Il n’y avait pas de possibilités d’accrocs qui auraient pu leur porter tort. Je lui parle et lui explique, essayant avec l’humour de le sortir de ce coin sombre où il s’est réfugié plein de colère et d’amertume. Je suis triste et c’est difficile pour moi d’invoquer l’humour en ce moment mais j’y ai déjà eu recours avant et sais que je dois l’atteindre avant que la colère et le côté sombre ne prenne le dessus sur ce petit être si plein de fierté et de lumière avant. Si mur, si intelligent, si sage mais encore – quelque part – un enfant.

J’essaie de savoir ce que leur père leur dit car je sais mieux depuis cette année qu’en fait il n’a eu de cesse de les manipuler, d’essayer de les retourner contre moi, d’utiliser toutes les occasions même quand il était hébergé chez moi pour leur faire croire que j’étais une mauvaise mère, une méchante femme qui voulait uniquement lui faire mal.

Pour bien comprendre cette tranche de vie et les bizarreries qui pourraient exister dans ce récit, il faut savoir plusieurs choses :

– Le père ne laisse pas ses enfants me contacter librement

– Parfois quand on parle, le père est là à côté debout pour on ne sait quelle raison puisque lui et moi n’avons plus rien à nous dire ; du coup les enfants se comportent étrangement ou ne parlent plus que par monosyllabes

– Souvent mes appels restent sans réponse alors que j’entends sonner de l’autre côté (je ne sais pas si le téléphone est coupé) et souvent le téléphone est en dérangement

– Quand le temps entre deux appels devient trop long et que je fais intervenir la famille, mon ex-mari est obligé de me faire parler aux enfants mais le fait en exerçant encore ses talents de manipulateur : 1) pour le grand, il essaie de lui trouver une activité dont il raffole et ne lui permet de l’exercer que juste avant qu’il ne m’appelle 2) pour le petit, il allume la télé sur la chaîne de ses dessins animés favoris juste avant de m’appeler et fait ensuite semblant d’obliger Léo à venir me parler ce qui provoque de la colère, des cris, une crise de la part de Léo et je dois alors moi-même demander à ce que Léo retourne à son dessin animé (il est trop petit pour comprendre et son hyperactivité ne l’aide pas à être plus conciliant et capable de discernement)  3) pour Léa il lui permet de voir ses émissions favorites juste avant qu’elle ne parle avec moi.

Ces techniques de manipulation réussissent avec le petit, parfois avec le grand (il n’y peut rien quand on vous prive d’un hobby et qu’on vous le donne juste à un certain moment, vous le prenez, c’est légitime et je ne lui en veux pas) mais jamais avec Léa qui est toujours tout de suite là au rendez-vous. Mais même Léa vit mal et réagit contre ses  manipulations d’une manière tout à elle, en rébellion, en nervosité, en agressivité

Vous aurez plus l’occasion de constater, dans d’autres vidéos, les effets de ces techniques de manipulation utilisées par ce père au mépris de la souffrance immédiate que c’est en train de causer mais – et c’est surtout cela qui me torture – au mépris total de l’effet à long terme de ce comportement sur la psyché de ces enfants.

Toutes les occasions étaient bonnes pour lui de leur montrer combien il souffrait de leur absence, il a utilisé à outrance la carte du chantage affectif et malgré tout les enfants n’avaient pas flanché parce qu’ils avaient déjà eu l’occasion de voir – pendant mes voyages d’affaire – combien il était mieux pour eux de ne pas être avec lui durant les périodes scolaires. Non pas qu’ils ne l’aimaient pas du tout, c’est juste qu’ils connaissaient mieux leur intérêt et leur salut. Une sorte d’instinct de survie de cette jungle urbaine quand vous sentez dans vos os ce qui est mieux pour vous quand vous possédez le don d’une pensée indépendante que vous êtes intelligent.

Il a donc eu recours à la force pour les soumettre à sa volonté et a été bien aidé par la justice en cela. Puisqu’ils ne voulaient pas venir avec la douceur, le chantage affectif et les mille promesses, eh bien ils viendraient contraints et forcés.

S’ils étaient majeurs, on aurait qualifié ceci de kidnapping. Quel autre mot en effet pour une personne qui prend d’autres personnes contre leur gré ? Peut-on l’appeler autrement juste parce que c’est sanctionné, même favorisé par la justice ? Peut-on l’appeler autrement parce qu’il s’agit de leur père ?

La justice a un comportement ambigu quant à la liberté individuelle et une notion un peu particulière de quand et comment elle peut s’exercer. Je veux bien croire qu’on ne peut pas sanctionner un enfant mineur récalcitrant qui veut s’affranchir de tout parent et vivre sa vie nu, tout seul dans la rue. Mais un enfant mineur, capable de discernement, qui veut juste pouvoir vivre une vie normale et heureuse, plutôt que cette rengaine malheureuse Métro – boulot – dodo que son père, sorcier apprenti, nous convertit en Pajéro – école de beaux – dodo ? A-t-on le droit dans la toile de vie appartenant à un enfant d’égarer la palette et les pinceaux, écarter les couleurs pour ne laisser que les nuances lasses de gris que l’enfant martèle sur la toile à coups de tête à défaut d’un instrument plus approprié ?

On pourrait me reprocher que je tiendrais un discours autre si c’est un autre choix qui leur cœur habitait. Mais loin de moi cette veule hypocrisie. Mes convictions, je les revendique, je les vis. J’ai toujours cru, très fort, aux paroles sages du poète Gibran Khalil Gibran quand il décrit le rapport des parents à leurs enfants. A part l’habituel rengaine des bonnes manières, afin d’en faire des êtres dont tout le monde pourra être fier, je limite mes interventions à leur expliquer les chemins leur en laissant le choix, l’orientation.

Et de ces vidéos que je compose, comme un désespérant bouquet de rose, il n’en restera que l’ambigüe question, quelle était donc leur vraie intention ? Et moi, connaissant ma vérité, tout ce que je vous dirai, c’est que j’ai voulu la partager, vous la faire expérimenter. Vous regardez, en tirez vos conclusions et décidez si j’ai eu tort ou raison. Car je continue encore mon combat, je continue le cœur frêle et las. Ne sachant des deux crimes, quel dilemme ! Que choisir se taire ou exprimer ce problème.

Aujourd’hui je m’exprime et partage malgré mon silence de tout temps avant ce drame qui le fait éclater, mon vœu de silence. On me prend mes enfants et en plus contre leur gré, pour les soumettre à une tyrannie pour aucune autre raison que celle-là : « Parce qu’on peut le faire. Parce que pour une personne qui connaît bien les rouages de la justice, il est facile de soumettre l’autre à sa volonté » alors je m’insurge et romps mon silence. Un silence absurde de pénitent qui n’est ni de saint ni de moine mais simplement de femme conditionnée à ne pas dévoiler, à ne pas raconter aux autres ses malheurs. Comment vas-tu ? Bien.    Saignes-tu ? Tes yeux sont-ils pleins de larmes ? Qu’importe ! On ne s’attachera qu’à cette phrase anodine de bienséance qui sort de ta bouche comme une vipère que tu craches de dégoût et d’impuissance, de bienséance.

Bienséance, pudeur, stupide Omerta organisée par les familles, les amis parfois par les femmes mêmes contre les femmes. La bienséance pour la bonne conscience ; pour que les hommes puissent se regarder et se supporter pour qu’amis et famille ne soient pas dérangés dans leur quotidien, dans leur gentille quiétude, par la sordide et injuste vérité que vit leur prochain, leur voisin.

Cette vidéo-ci est divisée en plusieurs parties puisque j’ai les moyens limités et ne peux mettre ensemble les 25 mn entières que j’ai pu discuter avec lui. J’ai essayé de lui apporter un peu de réconfort, un peu de pensée claire, de rationalité dans ce monde absurde qu’il ne comprenait plus. Il était blessé, taciturne et replié sur lui-même et au fur et à mesure que la conversation se déroule, je me rends compte combien lui, l’aîné de la fratrie, a essayé désespérément de raisonner avec son père sans succès. Je me rends compte combien il faut que je lui explique tout, que je le soutienne dans l’exercice de sa volonté avec l’humour de cette maman qu’il a toujours connu ainsi, sans trop lui faire part de ma propre colère. Encore un autre exercice d’équilibriste. Je n’ai jamais été douée pour les jeux de cirque mais poussée dans ce ring, sous ce projecteur cru, je me découvre, moi aussi, une nouvelle capacité de survie.

Vidéo en 3 parties/video in 3 parts: cela a pris du temps car ce fut un exercice techniquement et émotionnellement difficile, la discussion ayant duré plus de 20 minutes et aussi parce que j’étais confrontée plusieurs fois de suite à la souffrance de Léo / It took time as it was a difficult technical and emotional exercise given that the discussion was more than 20 minutes and that I had to witness and bear over and over again Léo’s suffering.

http://www.youtube.com/watch?v=oLskvWieuWM

http://www.youtube.com/watch?v=yNNyeE0MUDI

http://www.youtube.com/watch?v=OzBcqG_9pPg

 

Since the judgment that was released on 12th August – my birthday, I record all conversations with my children. I want one hand to always establish the truth (since my ex-husband is trying to create for me the reputation of the Wicked Witch), but above all else, I want a souvenir, something to fill those sad moments when I am deprived of their sight and their voices.

This slice of life there, as you will hear it, concerns a discussion between my 13 year old son and me when I ask him again, just to check, whether he still wants to return home to me or whether he has changed his mind. I inform him of my blog, trying to explain the details of what happened with the trial, to explain the different parts of the procedure, its progress, how one should have considered the facts, what were the criteria. He is very intelligent and was so frustrated and shocked with the judgment and had cried and was angry and silent for a long time as he could not understand what went wrong. To his intelligent but yet innocent mind everything was so obvious, neat as clockwork. There were no possible glitches that should have worked against them. I speak to him, explaining trying with humour to get him out of his dark corner where he lies in anger and bitterness. I am sad and it is difficult for me to invoke humour but I have done it before and I know I must get to him before the darkness and anger takes over this small being once so full of light and pride. So mature, so intelligent and wise, yet still somewhat a child.

I try to know what their father tells them because I know better since this year since that he never ceased to try to manipulate them, to try to turn them against me, using every opportunity even when he had been staying with us, as a guest in my house, to make them think I was a bad mother, a wicked woman who only wanted to hurt him.

To understand this slice of life and odd elements that might exist and that one cannot understand in this video, one must know several things:

– The father does not let his children contact me freely

– Sometimes when we speak, the father is standing there next to them for some unknown reason since he and I have nothing more to say to each other; hence the children are behaving strangely or only speak in monosyllables

– Often my calls go unanswered, so I hear ringing on the other side (I do not know if the phone is off) and often the phone seems engaged

– When the time between calls is getting too long and I have to get the family to intervene, my ex-husband is forced to make me talk to the children but does it while exercising his talents as manipulator: 1) for the older one, he tries to find an activity he enjoys a lot and allows him to exercise that hobby only right before he calls me 2) for the little one, he turns the TV on and sets it to the little one’s favourite cartoons just before calling me and then pretends to force Leo to come and talk to me therefore causing anger, screaming, and a fit from Leo thus forcing me to ask that Léo be returned to his favourite cartoons (he is too small to understand and hyperactivity did not help to be more accommodating and discerning) 3) for Léa he allows her to see her favourite shows just before she is supposed to speak with me.

– These manipulation techniques are successful with the little one and sometimes with the eldest (there is nothing you can do; when you are deprived of a hobby and given it back at a certain point in time, you take it, this is legitimate and I do not blame him) but never with Lea who is always immediately there for the skype appointment. But even she lives badly the situation and reacts to this manipulation in her own way, with rebellion, restlessness, aggressiveness.

You’ll get the chance to see the effects of these manipulation techniques, in other videos, used by the father not only with complete disregard for the immediate suffering that is being caused but – especially and this is what tortures me so – in complete disregard of the long-term effect of this conduct on the psyche of these children.

All the opportunities available were good enough for him to show them how much he suffered from their absence, he used to oblivion the card of emotional blackmail and yet the kids did not flinch because they had already had the occasion to see – during my business trips – how much better it was for them not to be with him during school times. Not that they did not love him at all, it is just that they knew were lied their best interest and salvation. A sort of survival instinct of the urban jungle when you know in your bones what is better for you when you are endowed with free thought and an intelligent mind.

He therefore resorted to force to submit them to his will and was well supported by justice in this. Since they would not come with the smooth talk, emotional blackmail and a thousand promises, then they would come constrained and forced to.

If they were adults, we would have called this kidnapping. What other word in effect for a person who takes other people against their free will? Can we call it anything else just because it is sanctioned, even helped by the court? Can we call it anything else just because he is their father?

Justice has an ambiguous attitude towards individual freedom and a somewhat unusual notion of when and how it can be exercised. I agree that we cannot accept that a recalcitrant minor simply eliminates from his/her life any parent and live a life naked, alone in the street. But a minor child who is capable of discernment, who just wants to live a normal and happy life, rather than this unfortunate buzz word “Metro-boulot-dodo” translated as Tube – work – sleep, as his father, an apprentice sorcerer alkazams into “Pajéro-école de beaux – dodo” or Pajero – school of the fine – sleep? Do we have the right in the painting of a child’s life to seize the palette, the brushes, set aside the colours leaving only sad shades of gray, as the weary child pounds on the canvas with his forehead, failing a more appropriate tool?

One could blame me that I would be talking another language if their hearts held another choice. But truly I abhor such spineless hypocrisy. I claim my beliefs and live them. I always believed, very strongly, the wise words of the poet Jibran Khalil Jibran, when he describes the relationship of parents to their children. Besides the usual refrain of good manners in order to make of them human beings that everyone can be proud of, I limit my intervention to explaining the pathways leaving the choice of direction.

And of these videos that I here link, like a desperate bunch of rosy pink, the only matter that will remain is the ambiguous question, what was their real intention? And I, knowing my truth in it, all I will say is that I wanted to share it, allow you to experiment it. You look, draw your own conclusions and decide whether I was right or wrong. Because I continue my fight, martial art, I continue with my frail and weary heart. Unsure from the two crimes, what a dilemma! What to choose: be silent or show the stigmata.

Today I am speaking and sharing despite my all-time silence before this tragedy that shatters my vow of silence. They take my children against their will, to submit them to a tyranny for no other reason than this “Because they can. Because for a person who knows the tricks of justice, it is easy to submit the other to his will “, so I make an exception and break my silence. An absurd penitent silence that is neither that of a saint nor that of a monk, but simply of a woman conditioned not to reveal, not to tell others her misfortunes. How are you? Good.    You bleed? Your eyes are full of tears? Whatever! They will only attach themselves to this innocuous sentence of decency that comes out of your mouth like a snake that you spit in disgust, in helplessness, in propriety.

Propriety, decency, stupid Omerta organized by families, friends, sometimes even by women against women. Decency for a feel good conscience, so that men may look at themselves and bear themselves, so that friends and family are not disturbed in their daily lives, in their nice tranquillity, by the sordid and unfair truth lived by the neighbour, their fellow human being.

This video is divided into several parts because I have limited resources and cannot put together the entire 25 minutes that I could talk with him. I tried to bring a little comfort, a little clear thinking, and rationality in this absurd world that he could no longer understand. He was wounded, silent and introvert and gradually as the conversation unfolds, I realize how much he, the eldest sibling, tried desperately and unsuccessfully to reason with his father. I realize how important it is that I explain everything, that I support him in the exercise of his will with the humor of this mother that he has always known this way, without expressing too much my own anger. Yet another tightrope. I’ve never been good at circus games but pushed into the circus ring, under this crude projector, I discovered, too, a new ability for survival.